Macron en «prend acte» et nommera un premier ministre «dans les tout prochains jours»

0
17
Advertisement


Ce direct est désormais terminé

Merci à tous d’avoir suivi ce direct consacré à la chute du gouvernement Bayrou. Retrouvez toutes les dernières informations relatives à ce sujet en cliquant ici.


Hier

«En cas de législatives anticipées, les Français nous donneraient une majorité», martèle le député RN Julien Odoul

Interrogé pour le Club Le Figaro Politique du Figaro TV, le député du Rassemblement national Julien Odoul a de nouveau défendu l’idée d’une nouvelle dissolution qui, selon lui, donnerait à son parti l’occasion d’obtenir une majorité à l’Assemblée nationale.

«Les Français ont bien compris que nous étions le seul parti qui n’a aucune responsabilité dans le chaos fiscal, dans la situation désastreuse de notre pays», a soutenu l’élu.

Avec 194 voix seulement, l’alliance entre le camp Macron et LR plus étriquée que jamais

Lors du vote de confiance qui a précipité sa chute à l’Assemblée nationale, lundi, François Bayrou n’a pas fait le plein de voix dans son socle parlementaire associant macronistes et Républicains (LR). Seuls 194 députés l’ont soutenu, alors que les partis du bloc gouvernemental représentent en théorie 210 députés. 364 députés ne lui ont pas accordé leur confiance après sa déclaration de politique générale sur le désendettement du pays.

De nombreuses voix ont manqué chez les députés LR, fortement divisés malgré la présence de leur chef du parti, Bruno Retailleau, au ministère de l’Intérieur. Sur 49 élus, 27 ont voté pour la confiance, 13 contre et 9 se sont abstenus, profitant de la «liberté de vote» accordée par leur président de groupe, Laurent Wauquiez.

Dans le «bloc central», les 36 députés du MoDem et les 34 élus d’Horizons ont soutenu le gouvernement, comme 90 macronistes de Renaissance. Seule une de leurs élues, Violette Spillebout, s’est abstenue, pour prendre ses distances vis-à-vis de l’affaire Bétharram, qu’elle a suivie comme corapporteur de la commission d’enquête sur le sujet. Des votes «pour» ont été recueillis au-delà du camp gouvernemental : 4 dans le groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires (Liot) et 3 chez les «non-inscrits».

La vice-présidente des Républicains annonce un «comité stratégique» mardi pour établir le «pacte de gouvernement» du parti

«On a demain matin un comité stratégique qui réunit tous les hauts cadres LR pour établir notre pacte de gouvernement», a annoncé Agnès Evren, vice-présidente des Républicains, dans le Club Le Figaro Politique sur Figaro TV.

La sénatrice de Paris a affirmé que son parti pourrait soutenir un premier ministre issu du bloc central s’il s’engageait à respecter 4 conditions liées à l’immigration, à la sécurité, aux impôts et à la rémunération du travail.

Pour Dominique de Villepin, Emmanuel Macron et François Bayrou «ont décidé de plonger à nouveau la France dans le désordre»

Pour Dominique de Villepin, qui s’est exprimé sur X ce lundi soir, Emmanuel Macron et François Bayrou «ont décidé de plonger à nouveau la France dans le désordre»

«Le président de la République et le premier ministre ont décidé de plonger à nouveau la France dans l’incertitude, l’instabilité et le désordre, l’un et l’autre par obstination et déni des réalités», a-t-il écrit.

Et de poursuivre: «C’est la marque d’un homme d’État de faire des sacrifices pour le bien commun. Il est temps de prendre acte du désaveu par les Français de huit ans de politiques erratiques, égoïstes et injustes et d’ouvrir une nouvelle page pour une autre politique, offrant face à l’instabilité actuelle, la nouveauté d’une cohabitation et la stabilité d’une coalition. Il en va de l’esprit de la Ve République, du respect des urnes et du scrutin exprimé par les Français.»

Dominique de Villepin.
NELSON ALMEIDA / AFP

À Paris, le «pot de départ» de François Bayrou n’attire pas les foules

Alors que les militants du NPA avaient appelé à rallier l’Hôtel de Ville de Paris pour fêter le «pot de départ» de François Bayrou – que les plus facétieux surnomment «Pau de départ» en référence à la ville dont est maire le premier ministre -, la place est restée clairsemée toute la soirée.

Quelques curieux, des passants égarés, des touristes et quelques photographes qui tuent le temps : l’ambiance est calme. Sur l’esplanade, l’animation vient surtout des bénévoles de Médecins du monde et d’Utopia, qui distribuent de la soupe.

Autour, les policiers occupent davantage l’espace que les manifestants. Avenue Victoria, pont d’Arcole : des cortèges de véhicules policiers stationnent, gyrophares éteints. Les agents désœuvrés patientent dans une atmosphère apaisée.

Une file de voitures de police le long du pont d’Arcole, surveille l’Hôtel de Ville
Paul de Breteuil

Quelques discussions s’engagent, entre colère et lassitude. «On savait qu’il allait sauter aujourd’hui», confie Céline, professeur d’économie, qui fustige une politique budgétaire «insoutenable» et une erreur stratégique de Macron pour n’avoir pas choisi un premier ministre issu du Nouveau Front populaire. Pour elle, «la question n’est pas la dette de l’État, c’est un mensonge. La France n’est pas en situation dramatique. Les 44 milliards, on peut les trouver en taxant les ultra-riches».

Baptiste, lui, souligne «une crise institutionnelle grave» : la démission de Bayrou ne change pas tout, mais révèle un système à bout de souffle. Tous deux se disent déterminés à poursuivre le combat le 10 septembre, date de la mobilisation du mouvement citoyen «Bloquons tout».

Par Paul de Breteuil, journaliste au Figaro

À Grenoble et à Lyon, les «pots de départ» se transforment en manifestations sauvages

Les «pots de départ» prévus pour «fêter» l’éviction de François Bayrou du poste de premier ministre se sont transformés ce lundi soir en manifestations sauvages à Grenoble et à Lyon, d’après des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. L’on peut voir des cortèges de jeunes individus, drapeaux et fumigènes à la main, déambuler dans les rues.

Votre député a-t-il voté la confiance à François Bayrou ?

C’est une première dans la tumultueuse histoire de la Ve République. Le premier ministre François Bayrou a échoué à recueillir la confiance de l’Assemblée nationale. 364 députés ont ainsi voté contre, 194 pour et 15 se sont abstenus lors du vote organisé à l’Assemblée nationale après la déclaration du locataire de Matignon sur son plan d’économies pour les finances publiques.

Comme en décembre dernier, lors de la censure de Michel Barnier, la gauche et le RN ont, sans surprise, uni leurs voix afin de faire tomber l’exécutif. Plus étonnant reste le choix de quelques élus Les Républicains, qui n’ont pas soutenu un gouvernement dans lequel ils ne comptaient pas moins de sept portefeuilles ministériels.

«Nous voulons faire le pendant de la situation choisie par Emmanuel Macron», affirme le député PS Arthur Delaporte

«Nous voulons faire le pendant de la situation choisie par Emmanuel Macron ces deux dernières années avec des gouvernements de droite minoritaires qui se sont trouvés confrontés à une forme de censure», a déclaré le député PS du Calvados Arthur Delaporte dans l’édition spéciale du Club politique sur Figaro TV.

Chute de François Bayrou : les coulisses d’une journée historique qui plonge la France dans la crise politique

L’Assemblée nationale a fait tomber ce lundi le gouvernement de François Bayrou, qui réclamait sa confiance. Une journée historique que raconte notre journaliste parlementaire Wally Bordas.

Les moments forts du vote de confiance à l’Assemblée nationale en vidéo

Mélenchon ne soutiendra pas une candidature Faure pour Matignon

Alors que les socialistes se proposent pour remplacer François Bayrou à Matignon, Jean-Luc Mélenchon a dit sur France 2 qu’il refuserait d’appuyer la candidature d’Olivier Faure. «Je ne le soutiendrai pas et je pense que personne ne le fera parce qu’il ne peut pas gouverner tout seul, a-t-il indiqué. Il sera obligé d’avoir des macronistes. Donc ils constitueront une sorte de grande coalition. Pourquoi voulez-vous qu’on aille soutenir une chose pareille ?»

«Seule la présidentielle nous permet d’avoir un moment refondateur» : Mélenchon appelle à la démission de Macron

Estimant qu’Emmanuel Macron «a montré que quand il dissout, il ne respecte pas le résultat», Jean-Luc Mélenchon a de nouveau appelé à la démission du président de la République. D’après lui, «seule l’élection présidentielle nous permet d’avoir un moment refondateur. Il n’y a que celle-là qui rend ça possible». 

Sera-t-il lui-même candidat en cas de présidentielle anticipée ? «Il y aura une candidature insoumise, mais là, ce n’est pas le sujet», a-t-il indiqué.

Chute de François Bayrou : Jean-Luc Mélenchon salue une «victoire populaire»

Invité de France 2, Jean-Luc Mélenchon a dit «interpréter» la chute de François Bayrou comme «une victoire populaire», comme une réaction au mouvement de blocage du 10 septembre et à l’appel à la mobilisation des syndicats pour le 18 septembre.

Alors que le premier ministre n’a cessé d’alerter sur la dette, l’Insoumis a assuré que «la France n’est pas submergée : ce n’est pas vrai».

«En cas d’un nouveau blocage, le retour aux urnes serait inéluctable avec une élection présidentielle anticipée», estime Valérie Pécresse

«En cas d’un nouveau blocage, le retour aux urnes serait inéluctable avec une élection présidentielle anticipée», a estimé Valérie Pécresse sur X. «La chute du gouvernement illustre le blocage de notre Parlement. La nomination rapide d’un nouveau premier ministre s’impose. Avant tout casting gouvernemental, il devrait rechercher une majorité de non-censure pour adopter le budget et proposer un contrat de gouvernement», a-t-elle écrit.

«Je suis vacciné» : Bruno Retailleau refuse une nouvelle dissolution

Sur France 2, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau s’est opposé à une nouvelle dissolution, comme l’a proposé l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy au Figaro. Selon lui, elle serait synonyme de «chaos» et ne «réglerait rien». «Je suis vacciné», a-t-il indiqué.

À Lyon, 200 personnes fêtent le départ de Bayrou

Militants politiques, syndicalistes mais aussi quelques gilets jaunes : un peu plus de 200 personnes sont rassemblées avec des pancartes «Bye-Bye-Rou», lundi soir, sur la place des Terreaux à Lyon, après l’échec de François Bayrou à l’Assemblée nationale, lors du vote de confiance.

Un « pot de départ » avait été annoncé dès ce matin sur les réseaux sociaux à l’initiative de la gauche. Des effectifs de police et de CRS sont sur place pour sécuriser le rassemblement.

En fin de rassemblement, un petit cortège de manifestants s’est formé, contraignant les forces de l’ordre à faire usage de grenades lacrymogènes après quelques dégradations et jets de projectiles. La situation est à présent maîtrisée et le cortège suivi de près par la préfecture.

La place des Terreaux, lundi soir, à Lyon
Justin Boche

«Je veux un gouvernement de la gauche et des écologistes», martèle Olivier Faure

«Les Français sont épuisés et ce pays a besoin de justice. Il est temps que la gauche gouverne ce pays, pour qu’on puisse avancer et remettre de la couleur au pays. Il faut remettre de l’énergie et donner du pouvoir d’achat aux Français», a indiqué Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, ce lundi soir.

«Je veux un gouvernement de la gauche et des écologistes, et ce sera ensuite au Parlement de disposer», a-t-il poursuivi. «Nous avons présenté un contre-plan Bayrou, pour redonner aux entreprises une perspective.»

Le président de la République ne l’a pour l’heure pas contacté.

Pas candidat à Matignon, Bruno Retailleau appelle Emmanuel Macron à nommer un premier ministre «le plus vite possible»

Invité de France 2 dans la foulée de la chute de François Bayrou, le président des Républicains (LR) Bruno Retailleau appelle à nommer un premier ministre «le plus vite possible» pour aboutir à un budget. Amené à dire s’il convoitait ou non Matignon, le ministre de l’Intérieur a dit qu’il «n’était pas sur les rangs».

La droite participera-t-elle au prochain gouvernement ? «Nous ne participerons pas à un premier ministre du Parti socialiste», a rappelé Bruno Retailleau, alors que les ténors du PS ont fait des offres de service à Emmanuel Macron.

Le RN rejette Xavier Bertrand en tant que nouveau premier ministre

Philippe Ballard, porte-parole du RN, a souligné sur Cnews que le RN n’admettra pas Xavier Bertrand comme premier ministre. «Xavier Bertrand voulait desserrer les mâchoires du Rassemblement national. Pour Marine Le Pen, c’est une vraie ligne rouge. Si c’est pour nous mettre un nouveau premier ministre qui poursuit dans le macronisme, ça va être compliqué».

Laurent Wauquiez juge qu’il «faut un programme de travail» avant de nommer un futur premier ministre

«Le gouvernement est tombé. Il faudra tirer les leçons des erreurs du passé», a écrit Laurent Wauquiez sur X. «Pour le prochain gouvernement, il faut un programme de travail et avant de se poser la question de qui, se poser la question de pour quoi faire.»

Des manifestants se rassemblent à Marseille pour un «pot d’adieu» à François Bayrou

De premiers manifestants ont été vus en train de se rassembler ce lundi soir, quelques minutes après l’échec du vote de confiance de François Bayrou. «Non, non, non, c’est pas bien de casser sauf quand on, quand on a gagné», chantent certains d’entre eux. D’autres préparent des pancartes pour la grande manifestation annoncée mercredi matin dans le centre-ville.

Sur l’esplanade Bargemon, à côté de la mairie de Marseille.
Mathilde Ceilles / Le Figaro

Marine Tondelier demande qu’Emmanuel Macron reçoive les chefs de parti de gauche avant de nommer un premier ministre

Marine Tondelier demande qu’Emmanuel Macron reçoive les chefs de parti de gauche avant de nommer un nouveau premier ministre – une désignation que l’Élysée annonce pour dans les «tout prochains jours».

«Les Français nous demandent de trouver une solution», affirme la députée Ensemble Eléonore Caroit, opposée à une dissolution

«Les Français nous demandent aujourd’hui de trouver un compromis, ça veut dire trouver un compromis», a estimé la députée EPR des Français de l’étranger Eléonore Caroit au micro du Figaro TV.

L’élue a salué le travail du gouvernement Bayrou et de l’Assemblée ces derniers mois, évoquant les textes qui ont été votés dans l’Hémicycle.

Macron «prend acte» de la chute de François Bayrou et nommera son successeur «dans les tout prochains jours»

Emmanuel Macron «prend acte» de la chute de François Bayrou – désavoué lors du vote de confiance à l’Assemblée – et nommera son successeur «dans les tout prochains jours», annonce l’Élysée ce lundi soir dans un communiqué.

Le président de la République «recevra demain le premier ministre François Bayrou pour accepter la démission de son gouvernement», a ajouté le Palais, sans autre précision.

À Bordeaux, un «pot de départ» organisé sous la pluie

À Bordeaux, la pluie n’a pas découragé une centaine de personnes qui se sont rassemblées pour célébrer la chute de François Bayrou et appeler à tout bloquer le 10 septembre. « Est ce que Bayrou fait parti du peuple ? », crie un militant au micro tandis que la foule scande « non ». Et le militant de reprendre, sous les applaudissements : «À bas les bourgeois» avant de rendre le micro pour aller se chercher une bière.

Des manifestants au «pot de départ» du gouvernement Bayrou, lundi soir, à Bordeaux.
Marie-Hélène Herouart

«La chute de Bayrou doit permettre de tourner définitivement la page du macronisme», estime Bompard

«La chute de Bayrou doit permettre de tourner définitivement la page du macronisme», a écrit le coordinateur national de la France insoumise Manuel Bompard.

«La chute de ce gouvernement est un soulagement pour toutes celles et ceux qui allaient subir de plein fouet les conséquences dramatiques du budget Bayrou. Aujourd’hui, la mobilisation populaire du 10 septembre et la détermination sans faille des insoumis ont déjà remporté une première victoire.»

À Nantes, quelques centaines de personnes fêtent la chute du gouvernement

Quelques centaines de personnes se sont rassemblées dans une ambiance festive, lundi soir, devant l’Hôtel-de-Ville de Nantes, pour un «pot de départ» du premier ministre. Une sono a été installée et des ballons, des cornets d’anniversaire, des chips et bretzel sont passés de mains en mains à l’annonce des résultats. Des syndicats et plusieurs élus de gauche comptaient parmi les manifestants.

Des manifestants devant l’hôtel-de-ville de Nantes, lundi soir
Simon Cherner
Des manifestants fêtant le départ de François Bayrou, lundi soir, à Nantes.
Simon Cherner

Tondelier exhorte Macron à nommer un premier ministre de gauche

Après la chute du gouvernement Bayrou, la patronne des Écologistes Marine Tondelier a appelé Emmanuel Macron à nommer un premier ministre «issu des rangs du Nouveau Front populaire».

«Un an après les élections législatives, il est plus que temps de respecter le vote des Français», a-t-elle ajouté, en référence au score réalisé par la gauche, qui détient depuis il y a un an et demi le plus grand groupe à l’Assemblée en nombre de sièges.

Les écologistes appellent Emmanuel Macron à «arrêter de bloquer»

Cyrielle Chatelain, présidente du groupe écologiste, a qualifié la chute de François Bayrou de «soulagement» mais aussi «d’inquiétude». «Nous savons qu’il est possible d’avoir une rupture politique avec la politique d’Emmanuel Macron. Si Emmanuel Macron arrête de bloquer, reconnaît que la gauche (peut accéder au pouvoir), alors un (équilibre) est possible. Si la gauche est appelée à gouverner, il faut que ce soit toute la gauche.»

Panot (LFI) «refuse» un «énième premier ministre» qui continuerait la «même politique»

À la sortie de l’Hémicycle, la chef de file des députés LFI Mathide Panot a dit «refuser un énième premier ministre» qui continuerait «la même politique» engagée depuis 2017. Et appelé, comme Jean-Luc Mélenchon, au départ d’Emmanuel Macron, contre lequel une motion de destitution sera déposée dès le 9 septembre.

Jean-Luc Mélenchon demande à Emmanuel Macron de «partir»

«Bayrou est tombé. Victoire et soulagement populaire. Macron est désormais en première ligne face au peuple. Lui aussi doit partir», a écrit sur X Jean-Luc Mélenchon, alors que les Insoumis doivent déposer mardi à l’Assemblée une motion de destitution du président.

Boris Vallaud indique que les socialistes sont «disponibles»

Boris Vallaud, président du groupe «Socialistes et apparentés» à l’Assemblée nationale a indiqué au sortir de l’hémicycle que les Socialistes étaient «disponibles». «Nous sommes prêts à rendre compte (de notre programme) aux Français», a-t-il poursuivi.

L’Assemblée nationale vote majoritairement contre la confiance à François Bayrou, le premier ministre remettra sa démission mardi matin

C’était quasiment écrit d’avance : l’Assemblée nationale a voté majoritairement contre la confiance à François Bayrou. Un vote que le futur ex-premier ministre avait sollicité il y a deux semaines sur le bien-fondé de sa feuille de route budgétaire. Et dont l’issue conduira le chef du gouvernement à démissionner mardi matin.

Dans le détail, 364 députés se sont prononcés contre, 194 pour, quand 25 élus ont choisi l’abstention.

Gabriel Attal appelle Emmanuel Macron à «partager le pouvoir» en nommant un «négociateur»

Dans une interview donnée au Parisien, l’ancien premier ministre Gabriel Attal estime qu’Emmanuel Macron doit «accepter de partager le pouvoir».

Pour ce faire, il propose que le président «désigne un négociateur, en actant dès le départ qu’il ne sera pas premier ministre. Il serait chargé de réunir dès ce mardi 9 septembre et pendant trois à quatre semaines, l’ensemble des chefs de partis représentés à l’Assemblée 24 heures sur 24, sept jours sur sept, pour s’entendre sur un accord. Ce compromis budgétaire permettrait ensuite la nomination d’un premier ministre qui serait le garant de cet accord.»

Un tel négociateur pourrait être «une personnalité qui ne serait forcément pas issue du monde politique, mais peut-être du monde syndical, ou associatif. Une figure consensuelle, capable sur son nom de mettre l’ensemble des chefs de partis politiques autour d’une table.»

«Pour retrouver une stabilité, il faut de la justice fiscale et sociale», estime le député LFI Ugo Bernalicis

«Regardez ce qu’a produit un an de stabilité: une dette plus importante, de plus en plus de gens qui entrent dans la pauvreté, une création d’emplois en berne…», a énuméré le député insoumis du Nord Ugo Bernalicis au micro du Figaro TV.

Accusé de chercher le chaos, le parti mélenchoniste ne va pas voter la confiance pour faire chuter le gouvernement Bayrou, estimant qu’il ne travaille pas dans le sens d’une «justice fiscale et sociale».

Vote de confiance : le scrutin est ouvert

Après la réponse de François Bayrou aux oppositions à l’Assemblée, place au scrutin. Pendant trente minutes, les députés vont pouvoir voter pour ou contre la confiance, sollicitée par le premier ministre, dans des salles annexes à l’Hémicycle. Sans surprise, elle devrait être rejetée.

La France «ne doit pas accepter sa soumission aux créanciers», conclut François Bayrou

«Je ne prendrai pas à partie ni les uns ni les autres, car le moment que nous vivons est assez important pour le parlement et pour le regard que les Français portent sur le parlement», a commencé en préambule François Bayrou, dans sa réponse aux présidents de groupes. «Si nous pouvions essayer de sortir de cette image de violence et de mépris, nous rendrions hommage à la démocratie que nous défendons».

Le premier ministre continue en félicitant son gouvernement, qui n’a pas eu «une seule crise, une seule tension» durant son mandat de plusieurs mois. «Et ce n’était pas facile au vu de la force des personnalités qui les portaient.»

Il appelle également à «prendre acte de la gravité du moment». «Un pays ne peut pas aliéner sa souveraineté, ni accepter sa soumission aux créanciers. Nous sommes responsables de l’avenir des Français et des plus jeunes. Pour nous tous, c’était un moment de vérité. Un vote n’efface pas la réalité, et je suis heureux que nous ayons pu partager ce moment».

Mathilde Panot (LFI) demande la démission d’Emmanuel Macron

La présidente du groupe LFI de l’Assemblée nationale a réitéré son appel à la démission du président de la République. «Le président ne souhaite pas changer de politique. Alors il nous faudra changer de président. Ne lui en déplaise, en cette rentrée, la souveraineté populaire revient à la mode. Le dégagisme aussi. Partez aujourd’hui, Monsieur Bayrou, Emmanuel Macron vous suit de près», a-t-elle lancé en conclusion de son intervention.

«Nous ne partageons pas votre diagnostic et encore moins vos remèdes», a-t-elle aussi répondu à François Bayrou. «Aujourd’hui, ce n’est pas seulement au gouvernement qu’il nous faut renverser, mais un monde fondé sur l’inhumanité, la brutalité sociale et l’absence de solidarité.»

Quand François Bayrou se justifiait de voter une motion de censure avec le PS, en 2006

À la tribune de l’Assemblée nationale, ce lundi, François Bayrou a fustigé la «conjonction des forces» politiques qui, de La France insoumise (LFI) au Rassemblement national (RN), s’apprêtent à le faire tomber sur un vote de confiance. Mais le centriste a lui-même mêlé sa voix à celles de la gauche, en 2006, pour renverser le premier ministre. Alors député et président de l’UDF, il a soutenu la motion de censure déposée par les socialistes contre Dominique de Villepin.

À l’époque, l’affaire Clearstream met en difficulté le chef du gouvernement, soupçonné d’avoir participé à la création d’un faux listing de cet organisme bancaire luxembourgeois, faisant apparaître le nom de son rival Nicolas Sarkozy. Mis en examen l’année suivante pour «complicité de dénonciation calomnieuse», Dominique de Villepin sera relaxé en 2011.

Ce 16 mai 2006, à l’Assemblée nationale, François Bayrou dénonce une «crise morale» sur fond de «guerre des clans». En votant «à titre personnel» avec le Parti socialiste, «en effet, je franchis un pas : j’accepte de voter, dans des circonstances nationales graves, avec des gens qui sont différents de moi, indique-t-il. Je ne renie rien de ces différences, mais je les fais passer après l’intérêt national.» La motion de censure n’est pas adoptée, du fait de l’hégémonie de l’UMP. Presque vingt ans plus tard, dépourvu de majorité absolue, le premier ministre François Bayrou voit les socialistes s’opposer à lui pour le faire chuter.

«Les députés de mon groupe voteront pour l’intérêt général», assure Gabriel Attal

«La politique est malade de l’intransigeance, du refus obstiné de voir que l’Assemblée nationale que nous ont donnée les Français n’a pas de majorité et qu’elle impose le dialogue entre nous», a déclaré Gabriel Attal, président d’Ensemble. «Le monde avance et la France ne peut rester à quai. Chaque mois de blocage, ce sont des années perdues par rapport aux autres nations. Chaque mois d’incertitude ou d’indécision, c’est une hypothèque plus forte sur l’avenir des Français».

Gabriel Attal affirme que «faire tomber un gouvernement, c’est un coût politique qui a un coût pour la France. C’est souffrir pour quelques heures le parfum trompeur d’une victoire et enfoncer plus encore la France dans le brouillard. (…) C’est prendre le risque de nous condamner à échouer et de rajouter un peu plus d’instabilité à la France.»

L’ancien premier ministre ajoute, après avoir rappelé son désaccord quant à la suppression de deux jours fériés : «Aucun des députés de mon groupe ne votera pour valider le budget, mais les députés de mon groupe voteront tout simplement pour l’intérêt général, pour la stabilité, pour éviter à tout prix de perdre un temps précieux alors que nous avons besoin d’un budget.» «Si nous ne réagissons pas, si nous ne nous entendons pas pour les 18 prochains mois autour d’un socle minimal de budget et de mesures très claires, il sera peut-être trop tard.»

«Un président n’a jamais tort de s’en remettre au peuple» : Marine Le Pen appelle à la dissolution de l’Assemblée nationale

Marine Le Pen a tiré à boulets rouges sur le premier ministre. «C’est un moment de vérité», a commencé la présidente du groupe Rassemblement national (RN), après «cinq décennies de gestion dispendieuse». «Gouvernements de droite comme de gauche, vous êtes coupables», a-t-elle lancé.

«Vous ne pouvez pas pleurer devant les caméras les conséquences des méfaits que vous avez vous-même commis, a-t-elle poursuivi. Curieux procédés, en effet, de brandir les dettes dont on est comptable, les déficits dont on est responsable, l’effondrement général dont on est coupable pour chercher à obtenir la confiance du Parlement.»

La candidate aux dernières présidentielles a ensuite appelé Emmanuel Macron à dissoudre l’Assemblée nationale pour éviter «l’enlisement institutionnel du pays». «Un président n’a jamais tort de s’en remettre au peuple», a-t-elle défendu. «La dissolution n’est pas un caprice, c’est un levier institutionnel pour sortir des blocages et permettre le fonctionnement démocratique.»

«S’il y a une dissolution, nous accepterons le verdict des urnes. Si le peuple nous fait l’honneur d’un mandat clair, c’est-à-dire d’une majorité absolue, nous irons à Matignon pour mettre en œuvre, sans attendre la présidentielle, un programme de redressement national.»

Éric Ciotti compare François Bayrou à «un pompier pyromane» et appelle les députés LR à le rejoindre

Éric Ciotti, de l’Union des droites pour la République, a lancé à François Bayrou, en arrivant au perchoir : «Vous avez décidé de partir en habillant votre démission d’une communication faussement habile qui se veut surtout une rampe de lancement pour une pseudo-candidature à l’élection présidentielle.» Le comparant à «un pompier pyromane», il ajoute : «La confiance n’est pas un signe d’irresponsabilité, c’est un devoir. Refuser la confiance à des irresponsables est un acte de courage d’abord politique.»

Rappelant les «alliances contre-nature» des dernières législatives, Éric Ciotti poursuit : «Vous êtes, avec Emmanuel Macron, les artisans de la débâcle française. (…) Vous craquez des allumettes sur des flaques de kérosène depuis huit ans, mais nous devrions vous faire confiance pour éteindre l’incendie. Douce blague».

«Nous ne voterons pas la confiance au président Macron parce que la France n’a plus le luxe d’attendre et parce que l’heure n’est plus aux demi-mesures. Parce que les Français veulent une rupture et pas un sursis», a-t-il asséné, avant de déclarer qu’Emmanuel Macron est «incapable de s’attaquer aux coûts et au bout de l’immigration», qu’il «s’est agenouillé devant l’état voyou algérien, laissant Boualem Sansal mourir en prison», qu’il est «incapable de restaurer l’excellence à l’école, incapable de sauver notre hôpital public, de défendre nos services publics», et qu’il «s’apprête à reconnaître l’état terroriste du Hamas».

Il a conclu en annonçant que l’alliance qu’il a formée avec le Rassemblement national de Marine Le Pen prépare «l’alternance» et a appelé les députés de son ancien groupe à le rejoindre.

«Tel le soldat Ryan, il vous faut sauver le président Macron», tacle Stéphane Peu (GDR, communistes)

Le député de Seine-Saint-Denis Stéphane Peu a moqué la décision de François Bayrou de solliciter la confiance après presque neuf mois d’exercice : «Vous auriez dû commencer par là où vous terminez : demander au Parlement la confiance, comme le suggère la Constitution. Votre décision, courageuse à entendre certains, n’est en fait à nos yeux qu’un péché d’orgueil du pays.»

Le parlementaire a ensuite tenté un rapprochement audacieux avec le film de Spielberg Il faut sauver le soldat Ryan : «Éternel fusible du Président de la République, les premiers ministres de la cinquième servent à le protéger. Tel le soldat Ryan, il vous faut sauver le président Macron. Vous serez donc ainsi le quatrième en trois ans à tomber pour épargner le principal responsable de nos malheurs.»

«Une large majorité des députés du groupe Liot ne vous accordera pas la confiance» annonce leur tête de file

Laurent Panifous, président de Liot à l’Assemblée, assure que son groupe avait «fait le choix d’être un groupe constructif ayant à cœur de proposer des solutions». «Pourtant, force est de constater que la méthode que vous avez choisi d’adopter nous a largement décontenancés».

Tout en assurant que Liot partage «la nécessité d’agir face à la dégradation de nos finances publiques», il tance : «Le vote que vous sollicitez aujourd’hui n’est pas qu’un accord sur le constat». En ce sens, «une large majorité des députés du groupe Liot ne vous accordera pas la confiance».

Le vote de confiance est une «démission déguisée», estime le député Droite républicaine Philippe Juvin

«Que François Bayrou reste ou qu’il s’en aille, nous devons avoir un budget rapidement», a jugé le député de la Droite républicaine Philippe Juvin au micro du Figaro TV.

L’élu a affirmé qu’il voterait pour la confiance afin d’éviter de se retrouver «sans budget». «Il s’est mis dans une situation où (François Bayrou) voulait démissionner, c’est une démission habillée par cette procédure», a-t-il reproché.

«On a la responsabilité de tourner la page d’un macronisme funeste auquel François Bayrou a participé», lâche un député UDR

Le député UDR Charles Alloncle s’est exprimé au micro du Figaro TV en amont du vote de confiance sollicité par François Bayrou.

«On votera contre, a-t-il affirmé. Ça fait 8 ou 9 mois que François Bayrou est à Matignon, ça fait 8 ou 9 mois qu’il ne nous entend pas», a estimé l’élu du groupe présidé par Eric Ciotti et proche du RN dans la salle des quatre colonnes de l’Assemblée nationale.

Paul Christophe (Horizons) appelle à soutenir le gouvernement pour doter la France d’un budget avant la fin de l’année

Le sérieux budgétaire. Telle est la préoccupation exprimée par Paul Christophe, le président du groupe Horizons à l’Assemblée. «Cessons ces guerres d’égo. Mettons-nous ensemble autour de la table, trouvons des compromis. Forts de ce constat, nous nous devons de doter la France d’un budget avant la fin de l’année», a-t-il déclaré à l’adresse de ses collègues en conclusion de sa prise de parole.

«C’est pourquoi le groupe Horizon et indépendant votera bien évidemment en faveur de la stabilité». Le président du groupe a aussi tenu à rappeler le travail de ses collègues pour formuler les grandes lignes d’une politique budgétaire sérieuse. «Le groupe Horizon et Indépendant a travaillé à des propositions réalistes, sans dépenses populistes ni recettes fantaisistes», a-t-il insisté.

Clémence Guetté invitée de Franceinfo, LCI et BFMTV ce soir pour «la chute de Bayrou»

Clémence Guetté, députée LFI et vice-présidente de l’Assemblée nationale, est l’invitée de franceinfo, LCI et BFMTV ce soir. L’intéressée «donne rendez-vous ce soir après la chute de Bayrou», a-t-elle annoncé sur X.

«Nous voterons en faveur de votre déclaration», lance Marc Fesneau à François Bayrou

Marc Fesneau, président du groupe parlementaire Les Démocrates (MoDem).
Benoit Tessier / REUTERS

Le président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale Marc Fesneau a, au perchoir, dénoncé les «déficitosceptiques». «La question qui nous est posée aujourd’hui n’est pas celle d’un seul homme, pas celle de son gouvernement, ni même celle des réponses précises à apporter. Non, la question qui nous est posée est de savoir si nous avons, quelles que soient nos différences, le courage de voir la vérité en face.»

Le démocrate affirme qu’«aujourd’hui, en 2025, le remboursement des seuls intérêts de la dette représente plus de 60 milliards d’euros et ce devrait être plus de 70 milliards dès 2026». «La spirale de la dette rend notre démocratie impuissante et menace notre souveraineté. Plus notre dette s’accroît, plus les marchés financiers seront en mesure d’influencer notre politique», ajoute-t-il.

Pour Marc Fesneau, la démocratie française n’est «pas habituée au dialogue», mais «personne ne peut à lui seul assurer la stabilité et imposer ses vues». Et de proclamer : «Si chacun cherche à être vainqueur sur l’autre, alors tout le monde perdra. Au contraire, si chacun accepte la part de renoncement nécessaire sans se dévoyer et de manière transparente sous les yeux des Français, alors nous réussirons.» «Nous voterons en faveur de votre déclaration», a conclu le président du MoDem à l’Assemblée à l’intention du premier ministre.

François Bayrou va devenir le quatrième premier ministre le plus éphémère de la Ve République

Seul un miracle peut désormais sauver François Bayrou d’une chute certaine. Ce lundi soir, le Béarnais devrait quitter Matignon après presque neuf mois d’exercice, soit 269 jours exactement. Un passage plus éphémère que la plupart des premiers ministres de la Ve République.

En réalité, le maire de Pau est en passe de devenir le 4e ministre le plus éphémère de toute l’histoire de Matignon depuis 1958. Avant lui, plusieurs premiers ministres n’ont guère duré. Le Figaro passe en revue les sept premiers ministres les plus éphémères de la Ve République. Retrouvez ci-dessous l’article complet du Figaro.

La discussion générale va reprendre : voici le déroulé des prises de parole jusqu’au vote de confiance

La présidente de l’Assemblée nationale a annoncé une suspension de séance de cinq minutes avant la reprise de la discussion générale. Dès la reprise des débats, s’exprimeront dans l’ordre Marc Fesneau (MODEM), Paul Christophe (Horizons et Indépendants), Laurent Panifous (LIOT), Stéphane Peu (GDR – communistes), Éric Ciotti (Union des droites), Marine Le Pen (RN), Gabriel Attal (Ensemble) et Mathilde Panot (LFI).

Seul Gabriel Attal, dont le groupe Ensemble est le groupe principal inscrit au sein du «socle commun», disposera de 35 minutes. Pour les autres, plus le groupe compte d’élus, plus son temps de parole est important. Le RN (123 députés), DR (49 députés) et MODEM (36 députés) auront chacun 15 minutes. Les autres groupes (moins de 35 députés) disposeront de 10 minutes. Enfin, le député Philippe Bonnecarrère qui a été désigné au hasard pour les 11 députés non-inscrits, aura cinq minutes pour convaincre. Retrouvez toutes les informations sur le déroulé de cette journée particulière dans l’article ci-dessous.

Cyrielle Chatelain (Écologistes) appelle à «un premier ministre issu des rangs du nouveau Front populaire»

La présidente du groupe Écologistes à l’Assemblée a affirmé que le président de la République devait accepter une cohabitation en nommant un premier ministre NFP. «Pour sortir de l’impasse, le président n’a d’autre choix que d’accepter une cohabitation et de nommer un Premier ministre issu des rangs du nouveau Front populaire», a-t-elle déclaré.

«Non pas pour changer de visage, mais bien pour changer de cap. Quand un gouvernement de gauche ne peut et ne doit être le gilet de sauvetage de la politique macroniste. Le dialogue, toujours la compromission, jamais.»

Laurent Wauquiez confirme que les députés de son groupe seront libres de leur vote

Laurent Wauquiez a loué «le courage» de François Bayrou «de dire la vérité sur l’état de nos finances et de poser ce débat fondamental pour l’avenir du pays», avant de s’interroger : «Mais pourquoi avez-vous autant de mal à convaincre?» Avant d’annoncer, comme il l’avait déjà dit cette semaine, que les députés de son groupe voteront selon leur conscience. «Certains voteront pour sans enthousiasme et ce sera mon choix. D’autres, et leur position est tout aussi respectable, ne voteront pas pour.»

Il a également regretté que les propositions du groupe la Droite républicaine n’aient pas été retenues par le premier ministre. «Nous avons proposé que plutôt que de supprimer deux jours fériés, on s’attaque aux 365 jours fériés de ceux qui ne travaillent pas et qui profitent du système et de l’assistanat», a-t-il rappelé, ajoutant : «Si vous aviez écouté la France qui travaille, vous auriez aujourd’hui le soutien unanime des députés de la Droite républicaine».

Pour le républicain, «on ne peut pas se contenter de désigner une personnalité à Matignon sans avoir défini de programme de travail. Aucune démocratie mature et sérieuse au monde ne fait cela». Il appelle à «des compromis» et au «redressement d’une France qui travaille pour la reconstruction.»

«L’extrême gauche est le premier danger politique pour la République française», déclare Laurent Wauquiez

Laurent Wauquiez a dénoncé, lors de sa prise de parole au perchoir de l’Assemblée, «quelqu’un qui agite tous les désordres parce qu’il espère en profiter, (…) qui n’attend que le chaos parce qu’il espère la révolution, c’est Jean-Luc Mélenchon». Il ajoute : «La récupération politique qu’il cherche à faire du mouvement du 10 septembre est le signe de sa stratégie du chaos. Et je le dis aujourd’hui plus que jamais, l’extrême gauche est le premier danger politique pour la République française.»

Le républicain affirme : «Nous n’accepterons jamais que se mette en place ici le programme funeste du nouveau Front populaire. Et cela vaut évidemment pour un gouvernement socialiste qui prônerait ou porterait ce programme.»

«Les Socialistes sont prêts à gouverner», lance Boris Vallaud (PS) qui confirme que le PS ne votera pas la confiance

La discussion générale a débuté avec le président du groupe socialiste Boris Vallaud qui a dénoncé «une faute morale» de François Bayrou. «Nous sommes au regret de ne pas pouvoir vous faire confiance. Les socialistes prennent la responsabilité d’affirmer qu’ils sont prêts, avec la gauche et les écologistes, à gouverner.»

«Il n’est qu’un responsable à la crise, à la débâcle, aux désordres de notre pays, le Président de la République et avec lui ses épigones aveugles, dont vous êtes, Monsieur le Premier ministre, le Premier apôtre, un président battu dont la politique, disqualifiée dans les urnes, nous a conduits dans l’impasse dans laquelle nous sommes.»

Le socialiste a dénoncé la démarche de François Bayrou. «Monsieur le premier ministre, vous ne ferez pas aujourd’hui de votre défaite une victoire de l’absurde, du vide politique. L’étoffe d’un destin. Ce vote auquel vous vous soumettez n’est pas un acte de courage. C’est une dérobade, une pantalonnade face à l’adversité. Vous vous résignez face à la difficulté, vous reculez face à la responsabilité. Aujourd’hui, vous vous effacez dans le grand silence de l’été. Nous pensions que vous prépariez le budget. En réalité, vous prépariez votre sortie.»

François Bayrou vient de terminer son discours

Le premier ministre vient de terminer de prononcer son discours, qui a duré près d’une quarantaine de minutes. Il a à quelques reprises été interrompu par les sifflements de députés.

C’est désormais Boris Vallaud (socialiste) qui s’exprime au perchoir, tandis que de nombreux députés ont quitté l’hémicycle.

François Bayrou affirme la nécessité de taxer spécifiquement les très hauts revenus, un appel du pied à la gauche

Faire payer les riches pour régler la question budgétaire et résorber la dette. Pour François Bayrou, les choses ne sont pas aussi simples. Mais il a concédé à la gauche la nécessité «de trouver un type de contribution qui fasse que les très hauts revenus et les très hauts patrimoines soient appelés à participer spécifiquement à l’effort national».

Le premier ministre a aussi évoqué la nécessité d’un «travail en profondeur qui soit conduit pour éviter que soient mises en place ou que se perpétuent des stratégies d’optimisation fiscale manifestement anti égalitaire et bien que juridiquement correct, moralement discutable». Un appel du pied qui ne devrait pas suffire à convaincre la gauche.

«Vous avez le pouvoir de renverser le gouvernement», lance François Bayrou aux députés, «pas d’effacer le réel»

«C’est un tohu-bohu qui se prépare pour la France, et pardonnez-moi de le rappeler à ce moment. Le problème, la menace, le risque pour la France demeurera entier», s’égosille François Bayrou. «Parce que, Mesdames et Messieurs les députés, vous avez le pouvoir de renverser le gouvernement, mais vous n’avez pas le pouvoir d’effacer le réel. Le réel demeurera inexorable. Les dépenses continueront d’augmenter plus encore et le poids de la dette, déjà insupportable, sera de plus en plus lourd et de plus en plus cher.»

Il ajoute : «Les forces politiques qui annoncent qu’elles vont faire tomber le gouvernement, ce sont les forces politiques les plus opposées entre elles, celles qui se désignent comme ennemies, celles qui sont incompatibles par les idées autant que par les arrière-pensées, et qui échangent d’un bout à l’autre de l’hémicycle les injures et les mises en cause.»

François Bayrou évoque la réduction de l’AME, une concession faite pour tenter de séduire le RN

Le premier ministre a rappelé aux députés du Rassemblement national qu’il était prêt à réduire l’AME (l’aide médicale d’État), une de leurs demandes budgétaires.

«J’ai pris la décision d’intervenir cette semaine sur l’aide médicale d’État pour faire entrer dans la norme le rapport présenté par Claude Evin et Patrick Stefanini», a-t-il souligné.

«Les dettes s’accumulent», déplore le premier ministre

«La France n’a pas connu de budget en équilibre depuis 51 ans», clame François Bayrou. «Les dettes s’accumulent. Tous les ans, nous dépensons plus que nous produisons». Le premier ministre s’insurge : «Un euro de déficit, c’est un euro de dette supplémentaire», une dette qu’il estime à «3415 milliards d’euros à l’heure où je vous parle».

«La soumission à la dette, c’est comme la soumission par la force militaire. Dominés par les armes, ou dominés par nos créanciers du fait d’une dette qui nous submerge, dans les deux cas nous perdons notre liberté», déplore François Bayrou, avant d’appeler à la retrouver.

François Bayrou, de nouveau, tire la sonnette d’alarme devant une «question historique»

Le premier ministre a repris le constat sans concessions qu’il a répété ces dernières semaines dans les médias. Le Béarnais a opposé «questions politiques, pour la prochaine élection» et «question historique, pour la prochaine génération», avec de listes plusieurs problèmes «urgents» auxquels est confronté le pays, évoquant une «magnifique cathédrale à reconstruire pour un peuple qui le mérite».

«Nous produisons moins que nos voisins» ; Il y a «un immense problème d’éducation nationale» ; «un immense problème de logement» ; des enjeux de «sécurité et justice, les deux faces de notre devoir d’État» ; la question cruciale de «l’immigration» ; la «question du surendettement». Il a particulièrement insisté sur ce dernier point, sollicitant la confiance de l’Assemblée sur le constat. «Tous les ans, nous dépensons plus que nos ressources de l’année et souvent beaucoup plus», a-t-il martelé.

Bayrou affirme avoir «voulu» cette «épreuve de vérité»

Le premier ministre a entamé son discours devant l’Assemblée nationale par une justification de la convocation de ce vote, affirmant avoir «voulu» cette « épreuve de vérité ». «J’ai voulu ce rendez-vous et certains d’entre vous, les plus nombreux, les plus sensés probablement, ont pensé que c’était déraisonnable, que c’était un trop grand risque. Or, je pense exactement le contraire. Le plus grand risque était de ne pas en prendre, de laisser continuer les choses sans que rien ne change».

La séance extraordinaire s’ouvre à l’Assemblée nationale

La présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a ouvert la session extraordinaire, avant de laisser la parole à François Bayrou.

La députée Violette Spillebout annonce qu’elle s’abstiendra lors du vote de confiance

La députée de Lille Violette Spillebout a annoncé dans un post sur X qu’elle ne voterait pas la confiance au gouvernement, critiquant le traitement de l’affaire Bétharram par François Bayrou. «J’ai vu et revu ce week-end, avec effarement, l’émission C à Vous, dans laquelle le premier Ministre revient sur la commission d’enquête. […] J’ai été profondément choquée qu’il n’ait pas eu un mot pour les victimes de violences physiques, psychologiques et sexuelles dans les écoles, et qu’il ait nié avec tant de mépris la qualité du travail transpartisan de la commission», a fustigé l’élue, qui a justifié son choix d’abstention par son «éthique politique».

Jean-Luc Mélenchon arrive à l’Assemblée nationale

Le leader de La France insoumise est arrivé à l’Assemblée nationale, quelques heures avant le vote de confiance qui, selon toute probabilité, doit faire chuter le gouvernement Bayrou.

Le procès en appel de Marine Le Pen se tiendra du 13 janvier au 12 février 2026

Le procès en appel tant attendu de l’affaire des assistants parlementaires européens du FN se tiendra du 13 janvier au 12 février 2026, plus d’un an avant la présidentielle de 2027, selon le calendrier fixé lundi 8 septembre lors d’une audience à la cour d’appel de Paris.

Le Rassemblement national (ex-FN), sa patronne Marine Le Pen ainsi que onze autres personnes, soit la moitié des condamnés en première instance, seront rejugés pour détournement de fonds publics, accusés d’avoir mis en place un «système» entre 2004 et 2016 pour payer des salariés du parti avec l’argent du Parlement européen. En mars, Mme Le Pen a été condamnée à une peine d’inéligibilité de cinq ans avec exécution immédiate.

«C’est ce gouvernement qui a décidé lui-même de chuter», se défend Jordan Bardella à quelques heures du vote

«Ce n’est pas nous qui renversons ce gouvernement, c’est ce gouvernement qui a décidé lui-même de chuter», a indiqué Jordan Bardella à BFMTV, à quelques heures du vote de confiance qui doit voir arriver la chute probable du gouvernement de Bayrou.

Il n’y aura pas de premier ministre socialiste, selon le politologue Roland Cayrol

Invité de l’émission «Points de vue» ce lundi, le politologue Roland Cayrol a déclaré qu’il ne croyait «pas une seconde» à la nomination d’un premier ministre socialiste à Matignon.

«Je pense que c’était un ballon d’essai d’opinion habilement contrôlé par l’Élysée […]. C’est une rumeur que l’on essaie de développer pour faire croire qu’on est prêt à un compromis de ce genre. En réalité, cela n’est pas possible«, a-t-il estimé.

«Nous ne souhaitons pas gouverner avec Les Républicains», déclare Philippe Brun

Philippe Brun, député PS de l’Eure et coordinateur du contre-budget proposé par le parti, est interrogé avant le vote de confiance dans l’émission «Points de vue».

«Nous ne souhaitons pas gouverner avec Les Républicains», a déclaré Philippe Brun au micro de Timothée Dhellemmes. «Je pense qu’on peut se mettre d’accord sur les choses importantes pour les Français comme les déserts médicaux et le logement», a-t-il tempéré.

«Il faut que les économies soient faites sur le train de vie de l’État et pas sur le dos des Français», affirme la porte-parole de Droite républicaine

Anne-Laure Blin, députée Droite républicaine du Maine-et-Loire et porte-parole du groupe, s’est exprimée en amont du vote de confiance au micro du Figaro TV ce lundi.

«On voit bien que la succession des annonces du premier ministre n’est pas à la hauteur. Il faut envoyer un signal très fort au président de la République», a-t-elle estimé.

Affirmant partager le constat de l’état critique des finances publiques, la députée a évoqué les pistes de son parti pour y remédier : «Il faut mettre en place des économies qui soient réellement sur le train de vie de l’État, et pas sur le dos des Français».

«Si c’est un gouvernement du NFP, oui, j’y entrerai», annonce Sandrine Rousseau

Si Olivier Faure était nommé à Matignon, Sandrine Rousseau a indiqué qu’elle pourrait accepter d’entrer au gouvernement. «Si c’est un gouvernement du NFP, bien sûr, je répondrai oui, parce que je pense que c’est notre responsabilité», a-t-elle déclaré sur France 2 le 8 septembre.

Juste avant le vote de confiance, Bayrou provoque la colère des policiers en évoquant l’existence de contrôles au faciès

«Bayrou insulte l’honneur et le professionnalisme de milliers de policiers.» Le syndicat de forces de l’ordre Alliance s’est insurgé dans un post publié le 7 septembre sur X contre l’interview qu’a donnée François Bayrou sur Brut ce dimanche. Le premier ministre, sur la sellette avant le vote de confiance de ce lundi 8 septembre qui devrait entraîner sa chute, a estimé qu’il y a «plus souvent des contrôles d’identité [effectués par les forces de l’ordre, NDLR] selon la situation, le quartier, la couleur de la peau». «Vous parlez des contrôles au faciès ?» l’a repris le journaliste. «Oui, sûrement», a approuvé le locataire de Matignon.

La Bourse de Paris en terrain positif avant le vote de confiance

La Bourse de Paris évolue en petite hausse lundi, soutenue par l’attente d’une Réserve fédérale américaine (Fed) plus accommodante et avant le vote de confiance du gouvernement français, qui pourrait ouvrir la porte à une nouvelle période d’incertitude.

Le CAC 40, l’indice vedette de la Bourse de Paris, prenait 0,25%, soit 18,81 points, pour s’établir à 7693,59 points vers 10h15 heure locale. Vendredi, le CAC 40 avait perdu 0,31% à 7674,78 points.

«Gouverner, c’est prévoir» : les écologistes «prêts» pour une éventuelle dissolution

Dans un communiqué publié ce matin, la secrétaire nationale des écologistes Marine Tondelier dit que son parti se tient «prêt à désigner des candidatures sur l’ensemble des circonscriptions» en cas de dissolution. «Gouverner, c’est prévoir. Si une dissolution devait survenir à plus ou moins brève échéance, nous souhaitons qu’une discussion s’engage avec toutes les forces de gauche et écologistes», écrit la patronne des Verts. Mais pour Marine Tondelier, «le plan A reste la nomination d’un premier ministre de gauche et/ou écologiste».

Le RN ne va pas «censurer tout et n’importe quoi», promet Jean-Philippe Tanguy

En cas de démission de François Bayrou, le Rassemblement national pousse pour de nouvelles législatives anticipées, qu’il dit cette fois pouvoir gagner. Marine Le Pen – qui connaîtra lundi la date de son procès en appel dans l’affaire des assistants d’eurodéputés lui valant une inéligibilité – s’est dite prête à «sacrifier» son mandat de députée pour porter son parti à Matignon.

Mais si cette solution n’est pas privilégiée par le président, le député RN Jean-Philippe Tanguy a promis sur BFMTV de ne pas «censurer tout et n’importe quoi». Tout en jugeant «extrêmement peu probable» qu’Emmanuel Macron «se rende compte qu’il s’est trompé depuis huit ans».

Jean-Philippe Tanguy.
GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Notre simulateur : François Bayrou peut-il recueillir la confiance de l’Assemblée nationale ?

C’est un véritable coup de poker que tente le premier ministre. François Bayrou a annoncé le 25 août qu’il engagerait ce lundi la «responsabilité du gouvernement» devant l’Assemblée nationale dans le but de trancher la «question centrale» de «la maîtrise de nos finances» et donc de valider le principe de son plan d’économies budgétaires. En résumé, et comme l’a synthétisé le locataire de Matignon, «si vous avez une majorité, le gouvernement est confirmé. Et si vous n’avez pas de majorité, le gouvernement tombe». La loi fondamentale prévoit effectivement que le premier ministre doit démissionner s’il ne recueille pas la confiance de l’Assemblée nationale lors d’un vote à la majorité absolue des suffrages exprimés. L’abstention pourrait donc être décisive.

Discours à 15h, verdict pas avant 19h : le déroulé de la journée

Le premier ministre François Bayrou vit très probablement ses dernières heures à Matignon. Cet après-midi, il se rendra à l’Assemblée nationale pour un vote de confiance qui décidera de son sort. Il prononcera d’abord un discours à 15 heures, sans limite de temps.

À l’issue de cette prise de parole, chacun des 11 groupes parlementaires enverra un orateur à la tribune pour s’exprimer. Selon Politico, un représentant du Parti socialiste s’exprimera en premier. Le groupe Ensemble pour la République disposera de 35 minutes, tandis que les groupes RN, DR et MoDem disposeront chacun d’un quart d’heure. Les autres groupes, plus petits, parleront pendant 10 minutes maximum. Traditionnellement, ce sont les présidents de groupe qui se plient à l’exercice : Marine Le Pen pour le RN, Boris Vallaud pour le PS et Mathilde Panot pour LFI, notamment.

Le vote de confiance, sur papier, aura ensuite lieu dans les salles attenantes à l’hémicycle, pour une durée d’environ 30 minutes. Selon le calcul de Politico, les résultats ne devraient donc pas être connus avant 19 heures.

L’Assemblée nationale.
Abdul Saboor / REUTERS

«Nous censurerons […] un gouvernement qui aurait la même politique que Bayrou», prévient Manuel Bompard

Au micro de Franceinfo, le coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard a souhaité faire part de «son bonheur de voir le gouvernement tomber aujourd’hui».

Interrogé sur les scénarios après la probable chute du gouvernement Bayrou, le député a annoncé que La France insoumise se chargerait de censurer un «gouvernement qui aurait l’intention de mettre en place la même politique que le gouvernement Bayrou», même si ce nouveau gouvernement était socialiste. «La situation est bloquée d’un point de vue politique. La solution passe par la destitution du président de la République», a encore défendu l’élu, qui a confirmé qu’il comptait déposer le 9 septembre une procédure de destitution du président.

Manuel Bompard s’est également étendu sur le mouvement du 10 septembre, qui doit intervenir deux jours après la probable chute de François Bayrou. «Je soutiendrai toutes les formes d’occupation pacifiques», y compris «les blocages» et les «opérations chariot gratuit», a annoncé le coordinateur, qui a poursuivi : «J’espère que ce mouvement va être le plus puissant possible».

Manuel Bompard à Paris, le 28 août 2025.
Abdul SABOOR / REUTERS

«L’Hémicycle est prêt. Et vous ?» : l’Assemblée nationale publie une «bande-annonce» de la séance extraordinaire

L’Assemblée nationale fait monter la température. Elle a publié, sur fond de musique de suspense, une vidéo montrant un huissier régler le tableau de séance, des bancs nettoyés…

Vote de confiance : François Bayrou vers une première historique

Au-delà du séisme politique qui s’annonce avec la probable nomination d’un cinquième premier ministre en trois ans, voir l’Assemblée nationale ne pas accorder sa confiance au chef du gouvernement serait une première historique. Depuis le début de la Ve République en 1958, l’article 49 alinéa 1 de la Constitution a été utilisé à 41 reprises sans jamais entraîner la chute d’un gouvernement. Avec son départ prévu de Matignon, François Bayrou pourrait donc entrer dans l’histoire.

Pourtant, dans le passé de la Ve République, certains premiers ministres ont chancelé face à cet article. Entre 1986 et 1988, Jacques Chirac, alors premier ministre de François Mitterrand après les élections législatives perdues par la gauche, l’utilise à trois reprises pour des discours de politiques générales. Le résultat est à chaque fois très serré, la confiance de l’Assemblée de l’époque étant accordée avec moins de 10 voix d’avance à chaque vote. Depuis, si Lionel Jospin, en 1997, a également eu une courte majorité du fait de sa cohabitation avec Chirac, l’intégralité des premiers ministres a toujours reçu les faveurs de l’Assemblée avec des majorités souvent larges.

Le RN et ses alliés largement en tête en cas de législatives anticipées, selon un sondage

Les rapports de force ne varient pas d’une enquête à l’autre. En cas de nouvelle dissolution et d’élections législatives anticipées, le Rassemblement national (RN) et ses alliés arriveraient largement en tête du premier tour devant la gauche et le camp présidentiel, un scénario identique à celui de 2024, selon un sondage Toluna Harris Interactive pour Challenges paru dimanche. Le parti de Jordan Bardella et ses alliés UDR, le mouvement d’Éric Ciotti, remporteraient 33% des suffrages. Une alliance PS/PCF/Ecologistes – sans LFI – obtiendrait 19%, le camp présidentiel (Renaissance, MoDem, Horizons) 15%, La France insoumise et Les Républicains chacun 10%.

En cas d’alliance entre le PS, le PCF, Les Écologistes et LFI, comme ce fut le cas l’année dernière sous la bannière du Nouveau front populaire, l’alliance de gauche engrangerait 26%, contre 27,99% le 30 juin 2024. À la veille du vote de confiance sollicité par François Bayrou et qui devrait voir tomber son gouvernement, 49% des Français demandent la démission d’Emmanuel Macron, 36% souhaitent qu’un nouveau premier ministre soit nommé et 15% une dissolution.

«Il faut aller au-delà de la droite» : le RN refuse une simple «union des droites»

«Il faut aller au-delà de la droite. Nombre de Français partagent nos valeurs : amour du travail et de la France. Mais nous ne voulons pas nous limiter aux Français de droite. Nous leur parlons sans doute en premier. Et je trouve que Sarah Knafo manque d’ambition», a dit Sébastien Chenu. L’eurodéputée Reconquête! a demandé une «union des droites» dans le cadre d’une éventuelle dissolution. Une proposition, donc, refusée par le Rassemblement national.

«Donnez-nous une majorité pour que nous ayons une stabilité avec Jordan Bardella à Matignon», demande Sébastien Chenu

«Nous n’avons aucune responsabilité dans cette situation. Tous les partis s’étaient désisté les uns les autres, et ils en paient aujourd’hui les conséquences», a attaqué Sébastien Chenu, député du Nord sur Europe1/CNews à propos du «front républicain» lors des précédentes élections législatives qui n’ont pu apporter de majorité forte. «Nous pensons être le gage de stabilité. Donnez-nous une majorité pour que nous ayons une stabilité avec Jordan Bardella à Matignon», a-t-il demandé en cas de dissolution, puis d’élections législatives.

Un «Club Politique» grand format sur Le Figaro TV

«Nous sommes au rendez-vous de l’actualité, à l’occasion du vote de confiance, avec un “Club Politique” grand format », glisse Laurence de Charette. Ainsi la soirée politique habituelle du lundi soir sur la chaîne du Figaro va-t-elle être allongée d’une heure et diffusée en direct de 21 h 30 à 23 h 30.

La directrice adjointe de la rédaction du Figaro chargée du pôle audiovisuel ajoute : «Il s’agit d’un événement politique important et nous allons apporter une analyse globale de la situation. Ce sera l’occasion de se poser les vraies questions. Il ne s’agira pas d’un débat comme sur les chaînes d’information continue avec des hommes politiques en plateau qui s’invectivent. Ce ne sera pas du tout ça. Nous ne serons pas dans la réaction mais dans l’approfondissement.»

Ce que la chute du gouvernement pourrait coûter à la France

La résiliation du bail approche. Sauf intervention divine, le gouvernement de François Bayrou, qui a sollicité la confiance des députés, devrait tomber ce lundi 8 septembre. Dans ses valises, le Béarnais pourra glisser un exemplaire de son projet de budget 2026 en souvenir. Car avec son départ disparaît aussi l’ambition de faire adopter son projet de réduction du déficit public de 43,8 milliards d’euros. Pour les milieux économiques et financiers comme pour les citoyens, une nouvelle zone de turbulences s’annonce.

Quel que soit le scénario, l’incertitude n’est jamais bonne pour l’économie. Pour preuve, les investissements des entreprises, variable la plus réactive aux cycles politico-économiques, ont déjà largement pâti des soubresauts de la politique française. Selon l’Insee, ils avaient chuté de 1,1 % au troisième trimestre 2024, alors que le pays avait attendu de longues semaines la nomination de Michel Barnier après les élections législatives surprises de juin.

François Bayrou, un bref combat au sommet jusqu’au saut dans le vide

Chantre du «dépassement» des clivages, le centriste de 74 ans – premier ministre le plus âgé de la Ve République – voit le projet de sa vie mis en échec. Le 13 décembre, quand il impose sa nomination à Emmanuel Macron, au détriment du ministre des Armées, Sébastien Lecornu, il lui promet de tout mettre en œuvre pour rassembler autour de lui la droite et la gauche modérée. De faire oublier, en somme, l’expérience de Michel Barnier.

«Je suis venu avec vous pour faire de grandes choses ensemble, pas des petites choses», lance-t-il au chef de l’État. Le président de la République n’a-t-il pas appelé de ses vœux la constitution d’un «gouvernement d’intérêt général», capable de tenir « trente mois », jusqu’à la présidentielle de 2027 ? Les «trente mois» ont été réduits à neuf.

Le RN demande des législatives, LFI la démission de Macron

Tous les regards se tournent déjà vers Emmanuel Macron, de nouveau à la recherche d’un premier ministre. Le troisième depuis qu’aucune majorité ne s’est dégagée à l’Assemblée nationale après la dissolution, il y a plus d’un an. Après le président du Sénat Gérard Larcher vendredi, il recevra lundi la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, d’après son entourage. Ses proches n’excluent pas une prise de parole dans les prochains jours, peut-être dès mardi, évoquant un chef de l’État qui, cette fois, veut aller vite.

Le Rassemblement national pousse lui pour une dissolution et de nouvelles législatives anticipées, qu’il dit cette fois pouvoir gagner. Marine Le Pen – qui connaîtra lundi la date de son procès en appel dans l’affaire des assistants d’eurodéputés lui valant une inéligibilité – s’est dite prête à «sacrifier» son mandat de députée pour porter son parti à Matignon.

Jean Luc Mélenchon.
Paul DELORT / Le Figaro

La France insoumise réclame pour sa part la démission d’Emmanuel Macron ou sa destitution, ses députés devant déposer une motion en ce sens. Le PS, en voulant gouverner sous Macron, ne fait que prendre part à une «grande tambouille», a fustigé son leader Jean-Luc Mélenchon.

L’éditorial d’Yves Thréard : «Cauchemar socialiste»

S’il a échappé à huit motions de censure, François Bayrou devrait perdre son dernier coup de poker. Il est très improbable qu’il obtienne, ce lundi, la confiance des députés. De son passage à Matignon, on retiendra surtout son style, quelque peu déconnecté, et l’impression qu’il donnait souvent de planer au-dessus de la réalité. Sans doute aimerait-il être comparé à son modèle, Pierre Mendès France.

Comme lui, il a certes peu duré dans la fonction, mais, contrairement à son lointain prédécesseur, il lui manque un bilan. S’il a eu raison d’alerter l’opinion sur l’état catastrophique de nos finances publiques, il en est resté au constat. Faute de méthode, il n’a pas su s’attaquer à «l’Himalaya de la dette», selon sa formule. Il a même presque tout fait à l’envers, à contretemps, suscitant encore davantage d’inquiétude. Et maintenant ?

Qui pour remplacer Bayrou ?

Les tractations pour le remplacer sont déjà bien entamées, beaucoup réclamant que le président ne laisse pas s’éterniser un gouvernement gérant les affaires courantes, face à l’impératif du budget 2026. Plusieurs dates plaident aussi pour une vacance courte : les mobilisations «Bloquons tout» le 10 septembre, syndicale le 18, ou encore la décision vendredi de l’agence Fitch qui pourrait dégrader la note de la dette française.

Dans la course au successeur, le PS s’est placé au centre du jeu, Olivier Faure se déclarant «prêt» pour Matignon. Mais si Emmanuel Macron a demandé aux chefs du camp gouvernemental de «travailler» avec les socialistes, peu dans son entourage pensent qu’il nommera le premier secrétaire du Parti socialiste, qui rejette l’idée d’un gouvernement «commun» avec des macronistes. Et le patron des Républicains Bruno Retailleau, qui plaide pour l’élaboration d’un «accord de gouvernement» avec le prochain locataire de Matignon, a prévenu : «hors de question» d’accepter un premier ministre socialiste.

Plus probable donc : la négociation d’un accord de non-censure par une personnalité de droite ou du centre. «Il faut de la stabilité. Et le plus stable, c’est le socle commun qui dialogue avec les socialistes», estime un proche du président. Selon lui, il est possible qu’Emmanuel Macron nomme d’abord un premier ministre qui négocierait sur un contrat de gouvernement avant de procéder aux nominations de ses ministres.

Plusieurs noms circulent pour Matignon : les ministres Sébastien Lecornu (Armées), Gérald Darmanin (Justice), Catherine Vautrin (Travail et Santé), Éric Lombard (Économie), le président LR des Hauts-de-France Xavier Bertrand, l’ancien chef de la diplomatie et ex-socialiste Jean-Yves Le Drian.

François Bayrou une dernière fois devant les députés à 15 heures pour sa chute annoncée

Sauf coup de théâtre, François Bayrou va devenir le premier chef de gouvernement de la Ve République à tomber sur un vote de confiance. Un scénario qu’il a lui même provoqué et qui ouvre une nouvelle période d’incertitudes, au moins jusqu’à la nomination de son successeur. Après moins de neuf mois à Matignon, lundi à 15 heures, François Bayrou montera à la tribune de l’Assemblée pour engager la responsabilité de son gouvernement. Les chefs de file des groupes parlementaires lui répondront, avant le vote attendu dans la soirée.

François Bayrou.
Thibaud MORITZ / REUTERS

La sentence est déjà connue : face aux veto annoncés de la gauche et de l’extrême droite, le centriste sait que la fin de son bail est imminente. Dans cet esprit, il a convié ses ministres à «un moment convivial» à Matignon dans la soirée, d’après son entourage. Il travaille «depuis plusieurs jours» sur son discours, ajoute-t-on. Comme durant ses multiples interviews, il devrait marteler la lourde «menace» que le «surendettement» fait peser sur le pays et qui justifie, à ses yeux, un effort budgétaire de 44 milliards d’euros pour 2026.

Son pari très risqué s’est presque immédiatement révélé perdu. Le maire de Pau a refusé de faire des concessions, provoquant sa chute avant même l’examen du budget, exercice sur lequel son prédécesseur Michel Barnier (LR) s’était déjà cassé les dents. Son bail à Matignon a été marqué par l’affaire Bétharram, un conclave raté sur les retraites, et peu de projets de loi marquants. Lui assure n’avoir «aucun regret».

Bienvenue sur ce direct

Bonjour à tous, c’est le jour fatidique pour François Bayrou, qui va requérir la confiance des députés à l’Assemblée nationale. Suivez avec nous cette journée historique.


Les publications apparaîtront ici



Source link

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

15 + three =